Judo : règles essentielles, ceintures et catégories
Le judo est un art martial et sport olympique fondé sur des techniques de projection, d’immobilisation et de soumission. Cette discipline japonaise se pratique pieds nus sur un tatami, en judogi, et repose sur des valeurs de respect, de maîtrise de soi et de progression personnelle. Cette page vous explique les règles officielles du combat, l’ordre des ceintures en France, les catégories de poids reconnues par la Fédération Internationale de Judo, et comment débuter dans un club près de chez vous.
L’essentiel à retenir :
- Durée et surface : les combats durent généralement 4 minutes (seniors) sur une aire de 8×8 mètres minimum
- Scores : ippon (victoire immédiate), waza-ari (demi-point, deux waza-ari = ippon), aucune marque pour les actions mineures
- Pénalités : shido sanctionne les fautes ; trois shido entraînent la défaite par disqualification
- Objectif : projeter l’adversaire sur le dos avec force et contrôle, ou le maîtriser au sol par immobilisation ou soumission
Règles du judo : comprendre le combat en 2 minutes
Un combat de judo oppose deux judokas sur un tatami délimité. La durée standard est de 4 minutes pour les seniors masculins et féminins, avec des ajustements selon les catégories d’âge. L’aire de combat mesure au minimum 8×8 mètres, entourée d’une zone de sécurité.
Le but est de marquer ippon, ce qui met fin au combat immédiatement. On obtient un ippon en projetant l’adversaire largement sur le dos avec vitesse et contrôle, ou en le maintenant au sol pendant 20 secondes, ou encore par abandon suite à une clé de bras ou un étranglement. Si aucun ippon n’est marqué, le judoka qui accumule deux waza-ari remporte également le combat. Un waza-ari est attribué pour une projection moins parfaite qu’un ippon ou une immobilisation de 10 secondes.
Les saisies du judogi sont autorisées et constituent la base des techniques debout, appelées nage-waza. Une fois au sol, les combattants peuvent enchaîner avec des techniques de ne-waza (travail au sol) : immobilisations, clés de bras sur le coude, ou étranglements. Certaines actions sont interdites : saisir directement les jambes sans action préalable au judogi, frapper, parler de manière antisportive, ou sortir volontairement de l’aire de combat.
Les fautes sont sanctionnées par des shido. Trois shido entraînent la disqualification. Les comportements passifs, les sorties répétées ou les saisies illégales génèrent des pénalités. À l’issue du temps réglementaire, si aucun ippon n’a été marqué, c’est le judoka avec le meilleur score ou le moins de pénalités qui l’emporte. En cas d’égalité parfaite, un golden score (prolongation sans limite de temps) départage les combattants : le premier qui marque ou reçoit un shido gagne.
Ceintures et grades en France : progression officielle expliquée
Le système de ceintures en judo symbolise la progression technique et l’engagement du pratiquant. En France, la Fédération Française de Judo organise cette hiérarchie en plusieurs étapes, de la ceinture blanche (débutant) jusqu’aux grades supérieurs.
Pour les jeunes judokas, un système de ceintures adaptées permet de valoriser les progrès réguliers : blanche, blanche-jaune, jaune, jaune-orange, orange, orange-verte, verte, bleue, marron. Ces ceintures sont délivrées par le professeur de club sur la base de critères techniques, comportementaux et de temps de pratique. L’objectif est d’encourager l’apprentissage progressif des fondamentaux.
Chez les adultes, la progression suit l’ordre classique : blanche, jaune, orange, verte, bleue, marron. Là encore, c’est le professeur diplômé qui décerne les ceintures jusqu’au grade de marron inclus. Chaque passage représente l’acquisition de nouvelles techniques, une meilleure compréhension tactique et l’intégration des valeurs du judo : politesse, courage, sincérité, honneur, modestie, respect, contrôle de soi et amitié.
La ceinture noire, premier dan, marque un tournant : elle nécessite un examen officiel organisé par la fédération. Le candidat doit démontrer sa maîtrise technique dans plusieurs registres (projections, contrôles au sol, katas), justifier d’une pratique régulière et d’un certain niveau de compétition ou d’implication dans le club. Les grades suivants, du 2ᵉ au 10ᵉ dan, récompensent l’expertise, l’ancienneté et la contribution au développement du judo, que ce soit en tant que compétiteur de haut niveau, enseignant, arbitre ou dirigeant.

Catégories de poids IJF (H/F) : repères simples
La Fédération Internationale de Judo a défini des catégories de poids pour encadrer les compétitions et garantir l’équité entre les athlètes. Ces divisions sont utilisées dans les championnats du monde, les Jeux olympiques et la plupart des tournois internationaux. Elles varient légèrement entre hommes et femmes.
Catégories masculines :
| Catégorie | Limite de poids | Niveau |
|---|---|---|
| -60 kg | Moins de 60 kg | Senior |
| -66 kg | Moins de 66 kg | Senior |
| -73 kg | Moins de 73 kg | Senior |
| -81 kg | Moins de 81 kg | Senior |
| -90 kg | Moins de 90 kg | Senior |
| -100 kg | Moins de 100 kg | Senior |
| +100 kg | Plus de 100 kg | Senior |
Catégories féminines :
| Catégorie | Limite de poids | Niveau |
|---|---|---|
| -48 kg | Moins de 48 kg | Senior |
| -52 kg | Moins de 52 kg | Senior |
| -57 kg | Moins de 57 kg | Senior |
| -63 kg | Moins de 63 kg | Senior |
| -70 kg | Moins de 70 kg | Senior |
| -78 kg | Moins de 78 kg | Senior |
| +78 kg | Plus de 78 kg | Senior |
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Ces catégories permettent aux judokas de s’affronter dans des conditions équilibrées. Pour les compétitions jeunes, cadets, juniors ou vétérans, des ajustements de poids sont appliqués selon les règlements nationaux et internationaux. Chaque athlète doit se peser avant la compétition et respecter strictement la limite de sa catégorie.
Débuter ou reprendre : trouver un club et une licence (région)
Pratiquer le judo en France passe par l’inscription dans un club affilié à France Judo. La démarche est simple et accessible à tous les âges, des enfants dès 4-5 ans jusqu’aux adultes sans limite supérieure.
La première étape consiste à identifier un dojo proche de chez vous. Les clubs sont répartis sur l’ensemble du territoire, en ville comme en zone rurale. La plupart proposent une séance d’essai gratuite, l’occasion de découvrir l’ambiance, de rencontrer l’enseignant et d’observer un cours. Le judogi peut parfois être prêté pour cette première séance, mais il faudra rapidement s’équiper avec une tenue réglementaire (veste, pantalon, ceinture).
Pour s’inscrire définitivement, il faut fournir un certificat médical de non contre-indication à la pratique du judo. Ce certificat est valable trois ans pour les pratiquants sans compétition, et doit être renouvelé chaque année pour les compétiteurs. Certains clubs demandent également une autorisation parentale pour les mineurs, une photo d’identité et le règlement de la cotisation annuelle.
La licence fédérale est obligatoire. Elle couvre l’assurance sportive et permet de participer aux compétitions officielles, de passer les grades et de bénéficier du suivi pédagogique national. Son coût varie selon les clubs et les régions, généralement entre 150 et 300 euros par an, incluant souvent la cotisation club et la licence fédérale.
Chaque région dispose de comités départementaux et de ligues qui organisent des stages, des compétitions locales et des événements pour tous les niveaux. Reprendre après une pause est également facile : les clubs accueillent les anciens pratiquants et adaptent les groupes selon l’âge et le niveau technique.
Techniques & vocabulaire utile (ippon, ne-waza, nage-waza)
Le judo utilise un vocabulaire japonais pour désigner les techniques et les concepts clés. Voici les termes essentiels à connaître pour suivre un cours ou comprendre un combat.
Ippon : point complet qui met fin au combat. On le marque par une projection parfaite, une immobilisation de 20 secondes, un abandon sur clé ou étranglement.
Waza-ari : demi-point. Deux waza-ari équivalent à un ippon. Attribué pour une projection presque parfaite ou une immobilisation de 10 secondes.
Shido : pénalité donnée pour une faute (passivité, sortie, saisie illégale). Trois shido entraînent la disqualification.
Nage-waza : techniques de projection, exécutées debout. Elles se divisent en projections de jambe, de hanche, de bras, d’épaule et techniques de sacrifice.
Ne-waza : techniques au sol, regroupant les immobilisations (osaekomi-waza), les étranglements (shime-waza) et les clés de bras (kansetsu-waza).
Judogi : tenue réglementaire composée d’une veste, d’un pantalon et d’une ceinture de couleur correspondant au grade.
Dojo : lieu d’entraînement, littéralement « lieu où l’on étudie la voie ». Par extension, le tatami et l’espace de pratique.
Kumi-kata : façon de saisir le judogi de l’adversaire. La maîtrise du kumi-kata est fondamentale pour prendre l’avantage.
Ukemi : techniques de chute, permettant de tomber sans se blesser en absorbant le choc.
Randori : combat d’entraînement libre, où les partenaires s’affrontent avec intensité mais dans un esprit de progression mutuelle.
Ces termes reviennent régulièrement dans les cours et les compétitions. Les maîtriser aide à mieux comprendre les consignes de l’enseignant et les commentaires des arbitres.

FAQ rapide
À quel âge commencer ?
Le judo peut se pratiquer dès 4 ou 5 ans dans de nombreux clubs, avec des cours adaptés aux tout-petits axés sur la motricité, l’équilibre et le respect des règles. Les enfants plus âgés, les adolescents et les adultes peuvent débuter à tout moment. Il n’y a pas de limite supérieure : certains clubs proposent des créneaux spécifiques pour les seniors ou les vétérans. L’important est de trouver un groupe correspondant à son âge et à ses objectifs, qu’il s’agisse de loisir, de remise en forme ou de compétition.
Quelles ceintures et dans quel ordre ?
En France, l’ordre des ceintures pour les adultes est le suivant : blanche (débutant), jaune, orange, verte, bleue, marron. Ces ceintures sont délivrées par le professeur de club. La ceinture noire, premier dan, nécessite un examen officiel auprès de la fédération. Les jeunes pratiquants suivent un système avec des ceintures bicolores (blanche-jaune, jaune-orange, orange-verte) pour marquer les étapes intermédiaires. Les grades supérieurs, du 2ᵉ au 10ᵉ dan, récompensent l’expertise, l’ancienneté et l’engagement dans le judo.
Combien de catégories de poids en compétition ?
La Fédération Internationale de Judo définit sept catégories masculines (moins de 60, 66, 73, 81, 90, 100 kg et plus de 100 kg) et sept catégories féminines (moins de 48, 52, 57, 63, 70, 78 kg et plus de 78 kg). Ces divisions sont utilisées dans les compétitions internationales majeures, y compris les Jeux olympiques. Pour les compétitions jeunes, cadets et juniors, des catégories spécifiques sont appliquées selon l’âge et le niveau.
Le judo aux Jeux olympiques, c’est quoi concrètement ?
Le judo est une discipline olympique depuis 1964 pour les hommes et 1992 pour les femmes. Les compétitions se déroulent sur plusieurs jours, avec des phases éliminatoires, des tableaux de repêchage et des finales. Chaque catégorie de poids décerne une médaille d’or, d’argent et deux médailles de bronze. La France est historiquement l’une des nations les plus performantes en judo olympique, avec de nombreux titres et podiums, notamment lors des Jeux de Paris 2024 où les judokas français ont brillé devant leur public.

