Ceinture au judo : ordre, grades et passage expliqués
Les ceintures au judo suivent un ordre précis de progression : blanche, jaune, orange, verte, bleue, marron, puis noire. Ce système de couleurs matérialise les grades judo divisés en deux catégories : les kyu (ceintures de couleur, grades préparatoires) et les dan (ceintures noires, grades supérieurs). En France, les passages de grade jusqu’à la ceinture marron sont validés par le professeur de club, tandis que la ceinture noire 1er dan et les dan supérieurs sont délivrés par la Fédération Française de Judo après examen officiel devant la CSDGE (Commission Spécialisée des Dans et Grades Équivalents).
Dans cet article, vous découvrirez :
- L’ordre complet des ceintures judo et leur signification
- Le système kyu-dan et le processus de passage de grade
- Les ceintures intermédiaires pour les enfants
- Comment nouer correctement votre ceinture (obi)
L’ordre des ceintures judo : du débutant à la ceinture noire
Le système de couleurs ceintures judo est universel, bien que certains pays ajoutent des nuances. En France, l’ordre officiel comprend sept couleurs principales :
Ceinture blanche : portée par les débutants dès leur première leçon, elle symbolise la pureté et le commencement du parcours martial. Aucun grade formel n’est associé, c’est simplement le point de départ.
Ceinture jaune (6e kyu) : première étape de progression, elle valide la maîtrise des bases techniques (chutes avant et arrière, premiers mouvements de projection simples, positions fondamentales). Le pratiquant commence à comprendre les principes du déséquilibre.
Ceinture orange (5e kyu) : marque l’acquisition d’un répertoire technique élargi, incluant projections de hanche, de jambe et de bras, ainsi que les premières immobilisations au sol. La coordination et le placement s’affinent.
Ceinture verte (4e kyu) : à ce stade, le judoka enchaîne les techniques avec plus de fluidité, comprend les notions de timing et d’opportunité, et commence à développer son propre style de combat (randori).
Ceinture bleue (3e kyu) : confirme une solide base technique et tactique. Le pratiquant doit démontrer efficacité en randori, connaissance approfondie des clés de bras (kansetsu-waza) et des étranglements (shime-waza), et capacité à adapter ses techniques aux différents adversaires.
Ceinture marron (2e et 1er kyu) : dernière étape avant la ceinture noire, elle exige maîtrise technique, maturité martiale et souvent engagement dans la vie du club (aide à l’enseignement, arbitrage). Le niveau en compétition et la compréhension théorique (kata, terminologie japonaise) sont approfondis.
Ceinture noire (1er dan et au-delà) : sanctionne non pas une fin d’apprentissage mais un véritable commencement dans la voie du judo. Le shodan (1er dan) atteste d’une base technique solide et d’une compréhension des principes fondamentaux. Les dan supérieurs (2e, 3e, 4e, etc.) récompensent l’approfondissement, l’enseignement et la contribution au développement du judo.
Comprendre le système kyu et dan au judo
Le judo, comme la plupart des arts martiaux japonais, utilise deux échelles de gradation :
Les kyu : grades préparatoires
Les kyu (du japonais « classe ») sont numérotés en ordre décroissant : 6e kyu (jaune), 5e kyu (orange), 4e kyu (verte), 3e kyu (bleue), 2e kyu et 1er kyu (marron). Plus le chiffre est bas, plus le niveau est élevé. Cette progression prépare techniquement et mentalement à l’examen de la ceinture noire.
En France, le temps minimum entre chaque passage de grade kyu varie selon les clubs et les capacités du pratiquant, mais on compte généralement 6 mois à 1 an entre chaque ceinture pour un adulte pratiquant régulièrement (2 à 3 séances par semaine).
Les dan : grades supérieurs
Les dan (signifiant « niveau », « degré ») sont numérotés en ordre croissant à partir du 1er dan. La ceinture noire 1er dan est le premier grade dan, suivie du 2e dan, 3e dan, jusqu’au 10e dan (grade honorifique extrêmement rare, historiquement réservé aux fondateurs et maîtres exceptionnels).
Contrairement aux kyu, les passages de dan sont strictement encadrés par la Fédération Française de Judo via la CSDGE. Un minimum d’ancienneté est requis entre chaque dan : 1 an entre 1er et 2e dan, 2 ans entre 2e et 3e, 3 ans entre 3e et 4e, et ainsi de suite. Les critères d’évaluation incluent performance technique (kata, démonstration), efficacité en combat (shiai), connaissance théorique, et souvent engagement associatif (enseignement, arbitrage, formation).
Le passage de grade au judo : qui décide et comment ?
Le passage de grade suit des règles précises selon le niveau :
Pour les ceintures de couleur (kyu)
Jusqu’à la ceinture marron, c’est le professeur de judo diplômé d’État qui valide les passages de grade au sein de son club. Il évalue les élèves lors de sessions spécifiques, généralement deux à quatre fois par an. Les critères incluent :
- Maîtrise technique des mouvements imposés (tachi-waza, ne-waza)
- Capacité à enchaîner et varier les attaques
- Qualité des chutes (ukemi)
- Attitude martiale et respect du code moral du judo
- Parfois, résultats en compétition ou ancienneté de pratique
Le passage n’est pas automatique : un pratiquant peut être présenté plusieurs fois avant d’obtenir sa ceinture si le niveau requis n’est pas atteint.
Pour la ceinture noire et les dan supérieurs
L’examen de ceinture noire 1er dan se déroule devant un jury fédéral désigné par la CSDGE. Il comporte généralement trois volets :
- Technique (kata) : démonstration du Nage-no-Kata (formes de projection) en binôme, jugée sur précision, équilibre, amplitude et synchronisation.
- Combat (shiai) : plusieurs randori face à différents adversaires, évalués sur efficacité, stratégie, respect des règles et engagement.
- Théorie : questions sur l’histoire du judo, la terminologie japonaise, les principes pédagogiques ou le règlement d’arbitrage.
Certains candidats accumulent également des points via la compétition (podiums en tournois officiels), ce qui peut faciliter ou compléter l’examen technique.
Pour les dan supérieurs, les exigences augmentent : katas supplémentaires (Katame-no-Kata, Kime-no-Kata), mémoire ou travail de recherche, formations suivies, investissement dans l’enseignement ou l’arbitrage.
Les ceintures intermédiaires pour les enfants judokas
Pour encourager les jeunes pratiquants et marquer leurs progrès plus fréquemment, le judo français a instauré des ceintures intermédiaires bicolores :
- Blanc-jaune : transition entre débutant complet et première vraie ceinture
- Jaune-orange : entre 6e et 5e kyu
- Orange-verte : entre 5e et 4e kyu
- Verte-bleue : entre 4e et 3e kyu
- Bleue-marron : entre 3e et 2e kyu
Ces ceintures permettent de maintenir la motivation des enfants en reconnaissant leurs efforts tous les 3 à 6 mois, tout en respectant un rythme d’apprentissage adapté à leur développement physique et cognitif. Elles disparaissent généralement à l’adolescence, où le pratiquant passe directement aux ceintures « pleines ».
Ce système n’existe pas dans tous les pays ni dans toutes les fédérations internationales, mais il est largement appliqué en France et s’avère pédagogiquement efficace pour les moins de 15 ans.
Comment nouer sa ceinture de judo (obi) correctement
L’obi (ceinture en japonais) se noue de manière spécifique au judo. Voici le pas-à-pas traditionnel :
Méthode classique du nœud plat
- Centrer la ceinture : placez le milieu de votre ceinture sur votre nombril, les deux brins pendant de chaque côté à égale longueur.
- Premier tour : passez les deux brins derrière votre dos, croisez-les et ramenez-les devant. Les deux extrémités doivent à nouveau être de longueur égale.
- Croiser devant : prenez le brin droit (celui qui vient de votre gauche après avoir fait le tour) et passez-le PAR-DESSUS le brin gauche, puis glissez-le SOUS les deux épaisseurs de ceinture au niveau du ventre, en remontant vers le haut.
- Former le nœud : vous avez maintenant deux brins qui sortent vers le haut et le bas. Prenez le brin supérieur et passez-le PAR-DESSUS puis SOUS le brin inférieur, comme pour faire un nœud de lacet simple.
- Serrer : tirez fermement et uniformément sur les deux extrémités pour former un nœud plat horizontal. Les deux brins doivent pendre à égale longueur (environ 20-30 cm chacun).
Erreurs fréquentes à éviter
Nœud de grand-mère : si votre nœud forme un nœud vertical ou torsadé au lieu d’être bien plat et horizontal, c’est que vous avez inversé le sens du croisement final. Recommencez en inversant le dernier passage.
Ceinture de travers : si la ceinture remonte dans le dos ou descend devant, c’est que le premier tour n’était pas bien centré. Reprenez depuis le début en veillant à ce que le milieu de la ceinture soit exactement sur votre nombril.
Brins inégaux : une ceinture mal centrée donne deux brins de longueurs différentes. Recommencez en ajustant le point de départ.
Trop serré ou trop lâche : la ceinture doit maintenir le kimono fermé sans gêner la respiration ni les mouvements. Ajustez la tension lors du dernier serrage.
Une ceinture bien nouée ne se défait pas pendant l’entraînement, reste horizontale et présente un nœud plat centré avec deux brins égaux. Avec la pratique, le geste devient automatique et prend moins de 10 secondes.
Durée moyenne pour atteindre chaque ceinture au judo
Le rythme de progression varie selon l’âge, la fréquence d’entraînement et les capacités individuelles, mais voici des repères moyens pour un pratiquant régulier (2-3 fois par semaine) :
Pour une meilleure lisibilité sur mobile, consultez ce tableau en mode paysage.
| Ceinture | Grade | Durée cumulée (adulte) | Qui valide |
|---|---|---|---|
| Blanche | Débutant | 0 | — |
| Jaune | 6e kyu | 6 mois – 1 an | Professeur club |
| Orange | 5e kyu | 1,5 – 2 ans | Professeur club |
| Verte | 4e kyu | 2,5 – 3,5 ans | Professeur club |
| Bleue | 3e kyu | 4 – 5 ans | Professeur club |
| Marron | 2e-1er kyu | 5 – 7 ans | Professeur club |
| Noire | 1er dan | 7 – 10 ans | CSDGE/FFJudo |
Ces durées sont indicatives : certains pratiquants assidus et talentueux atteignent la ceinture noire en 4-5 ans, tandis que d’autres progressent plus lentement mais avec la même légitimité. Les enfants suivent généralement un rythme plus lent avec les ceintures intermédiaires.
Différences entre judo français et judo japonais pour les ceintures
Le système de ceinture judo est globalement harmonisé internationalement, mais quelques nuances existent :
Au Japon, les ceintures intermédiaires bicolores n’existent pas. Les enfants portent directement les ceintures pleines et progressent à un rythme souvent plus lent qu’en Occident. La ceinture blanche est parfois portée plus longtemps.
En France, l’ajout des ceintures intermédiaires et la validation par le professeur jusqu’à la ceinture marron offrent plus de souplesse. La culture française valorise aussi davantage les résultats en compétition dans l’attribution des grades.
Ceintures supérieures : au-delà du 5e dan, les ceintures peuvent devenir rouges et blanches (6e-8e dan) puis entièrement rouges (9e-10e dan) au Japon, distinctions rarement portées en France où la ceinture noire reste la norme quel que soit le dan.
Quelle que soit l’origine géographique, la ceinture noire 1er dan représente universellement le seuil de maîtrise technique fondamentale et l’entrée dans la communauté des « experts » du judo.
Ceinture au judo : les points essentiels à retenir
Les ceintures au judo progressent de la blanche à la noire selon un ordre fixe (jaune, orange, verte, bleue, marron, noire), correspondant aux grades kyu (préparatoires) et dan (supérieurs). En France, les passages de grade jusqu’à la ceinture marron sont validés par le professeur de club, tandis que la ceinture noire 1er dan nécessite un examen officiel devant la CSDGE.
Le système des ceintures intermédiaires (blanc-jaune, jaune-orange, orange-verte) facilite la progression des enfants en multipliant les paliers de reconnaissance. Pour nouer sa ceinture, la méthode traditionnelle du nœud plat garantit tenue et respect de l’étiquette.
Chaque couleur matérialise une étape technique et mentale, mais la vraie progression se mesure dans la compréhension des principes du judo : respect, entraide, efficacité et recherche du meilleur usage de l’énergie. La ceinture n’est qu’un repère visible d’un cheminement personnel continu.

